Nouveauté Breguet : Classique Grande Sonnerie 1905
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La manufacture Breguet annonce la Classique Grande Sonnerie Métiers d’Art 1905. Montre de Poche à Grande Complication et Métiers d’Art, elle est dotée d’une grande et d’une petite sonnerie ainsi que d’une répétition minutes à régulateur magnétique pour tous les scénarios de sonnerie, avec un affichage horaire de type régulateur. L’ensemble est animé par un tourbillon. La pièce, en or Breguet avec des accents Bleu de France, ne sera réalisée qu’à la demande.
Une Grande Complication pour les 250 ans de la manufacture Breguet
Le nom d’A.-L. Breguet est étroitement associé à nombre d’inventions qui sont toujours, plus de deux siècles après leur réalisation, aux premiers rangs de l’horlogerie contemporaine : le ressort-timbre (1783), le pare-chute (1790), le spiral Breguet (1795), le tourbillon (1801), parmi d’autres.
La Classique Grande Sonnerie Métiers d’Art 1905 célèbre ces inventions majeures, qu’elle intègre dans un mouvement de 532 composants - le premier de ce type que Breguet remet à l’ouvrage depuis plus de 20 ans. Cette authentique Grande Complication comporte un mécanisme de Grande Sonnerie et une répétition minutes à la demande, ainsi qu’un tourbillon et un affichage de type régulateur pour en souligner la quête de précision. D’abord assemblée à blanc puis intégralement décorée et mise en fonction, elle exige plus de 6 mois d’assemblage.
Quintessence de l’esprit Breguet, elle se dote des finitions exceptionnelles issues de l’héritage du maître : guilloché, émail grand feu, gravures, signature secrète réalisée au pantographe. Cette pièce est protégée par deux brevets qui font écho à deux inventions signées Breguet : le ressort-timbre, et le ressort-timbre en or. Autre particularité : elle se pare du Bleu de France, couleur emblématique du pays d’adoption de Breguet, qui sut séduire la cour de Versailles. Cette teinte, instaurée sous l’impulsion de Louis XIV, se retrouve notamment sur les devantures des boutiques de la place Vendôme, dont celle de Breguet où cette pièce a été officiellement dévoilée.
La clôture d’une année exceptionnelle
En 1775, A.-L. Breguet ouvre son atelier au Quai de l’Horloge, à Paris. La manufacture qui porte aujourd’hui son nom célèbre l’héritage du grand horloger, personnellement associé aux jalons les plus importants de sa discipline. Ses codes esthétiques (guilloché, gravure, boîtier cannelé, aiguilles à pomme évidée, etc.) comme techniques (tourbillon, remontage perpétuel, seconde chronométrique, pare-chute, ressort-timbre, etc.) ont laissé une empreinte indélébile sur le quart de millénaire qui ont suivi son œuvre.
La quête de précision
La Classique Grande Sonnerie Métiers d’Art 1905 résume une large partie de cet itinéraire hors norme. Elle en embrasse quatre grandes composantes. D’abord, la quête de précision. À cet effet, la pièce est dotée d’un tourbillon. Le procédé est breveté par Breguet en 1801, sans jamais avoir été réellement dépassé.
Depuis transposé à la montre-bracelet, il a toujours été conçu par Breguet pour la montre de poche, ce que la Classique 1905 rappelle avec justesse et un sens évident de la cohérence historique. Il est aujourd’hui visible à 4h30 avec un pont supérieur bleu. L’équilibrage de la cage par masselottes est fidèle au procédé inventé par Breguet lui-même.
La pièce privilégie également un affichage de type régulateur. Il offre trois aiguilles indépendantes sur trois secteurs différents : l’heure décentrée, la minute centrale, et la seconde à 4h30 par le tourbillon. Cet agencement concourt à une excellente lisibilité, précise, claire et rigoureuse, où chaque indication possède son aire et ses repères. Il s’agit en cela d’un gage certain de précision de lecture, dans le droit fil de la quête cardinale de Breguet.
Une esthétique séculaire
Deuxième composante : l’affirmation des codes Breguet. Bien des acteurs s’en sont inspirés, mais la Classique 1905 rappelle à bon escient le talent de leur créateur. Il en va ainsi de la décoration du cadran. Dès 1775, Breguet fait fi des modes horlogères d’ornementation, dont beaucoup peinaient à couper le lien avec l’esprit chargé de la période baroque. Le grand horloger instaure à la place un style limpide, lumineux, simple et épuré. Il démontre avec une habileté exceptionnelle que précision, lisibilité et élégance peuvent être associées en un tout cohérent et harmonieux.
Pour y parvenir, la Classique 1905 reprend de son maître le cadran divisé en secteurs. Chacun a sa propre finition pour en accentuer la lisibilité et l’individualité. À 12 heures, les heures sont excentrées. L’aiguille Breguet survole un cadran en émail grand feu. Les chiffres arabes sont en émail noir petit feu. La signature du maître est double : visible en haut, secrète en bas, gravée à fleur d’émail par un pantographe. Les minutes centrales effleurent un motif finement guilloché. La généralisation de cet art à l’horlogerie est aussi associée à Breguet. Le motif ici gravé à la guillocheuse traditionnelle est un Quai de l’Horloge horizontal, que l’on retrouve également sur le flanc de carrure.
Il s’inspire des formes de deux îles parisiennes entourées par la Seine, l’île Saint-Louis et l’île de la Cité où se trouvaient le premier atelier Breguet. Le Quai de l’Horloge existe toujours, il est dans le 1er arrondissement de Paris. Les amateurs éclairés noteront l’exceptionnelle longueur de cette aiguille centrale bleuie, qui vient survoler une minuterie dédiée. Les secondes se lisent quant à elles sur l’aiguille bleuie fixée au centre de la cage de tourbillon.
Ode aux métiers d’art
En troisième composante, la Classique 1905 célèbre les Métiers d’Art chers à la manufacture Breguet. L’ouvrage est réalisé en or Breguet, gravé à la main. La Seine et son cours sont représentés par une gravure émaillée Bleu de France. Cette couleur est attestée sur des montres à tact émaillées du début du XIXe siècle ; cette couleur, toujours présente, appartient à l’histoire de France et spécialement à l’histoire de Paris. L’intérieur du couvercle renferme le numéro individuel de la pièce gravé main.
On notera que les artisans de Breguet ont poussé la décoration à son paroxysme en guillochant d’un motif Quai de l’Horloge les rebords des couvercles. La géométrie tridimensionnelle des rebords des couvercles n’est habituellement pas guillochée mais polie ou gravée, les machines de décoration ne pouvant réaliser que des motifs sur des composants plats ou à courbure limitée. Ici la maison Breguet a développé une technique de guillochage inédite permettant de décorer des composants en trois dimensions. Le fond de la pièce est intégralement guilloché (Quai de l’Horloge) et émaillé (Bleu de France). Lorsqu’il est ouvert, il découvre une vue intégrale du mouvement. Pour renforcer sa dimension horlogère, il est de construction inversée : au lieu d’avoir la sonnerie côté cadran (là où elle prend ses informations), elle a été basculée côté fond. Les horlogers Breguet ont donc conçu un mouvement dont l’attrait esthétique est d’égale importance à son excellence technique.
On y voit la quadrature complète du mécanisme de répétition minutes et de grande sonnerie. Chaque composant est décoré à la main : traits tirés, anglage, étirage, cerclage. Le guilloché sur le pont de barillet de sonnerie reprend le motif Petit Trianon créé spécialement pour le 250e anniversaire de la manufacture, d’après les entrelacs visibles au Domaine du Château de Versailles. Seuls les marteaux bleus sont visibles côté cadran.
Ce garde-temps est accompagné d’une chainette en or Breguet dont les apprêts permettant de fixer la chainette au veston sont également guillochés du motif quai de l’horloge. Notons enfin que la Classique 1905 sera livrée dans un écrin exceptionnel, lui aussi unique, réalisé dans les derniers bois disponibles de l’authentique chêne de Marie-Antoinette.
Le vénérable arbre, sous lequel la Reine avait l’habitude de se promener, avait été planté en 1681 et avait survécu, avant d’être très abîmé par la grande tempête de 1999 et finalement abattu en 2005. Réalisé en marqueterie et entièrement confectionné à la main selon la géométrie du Pavillon français du domaine du Petit Trianon, chaque pièce a été prélevée avec soin dans la masse de l’arbre, choisie pour la nuance de sa couleur, variable selon son vieillissement naturel. Un véritable objet de Métiers d’Art, prolongeant l’expérience et l’esprit de la Classique 1905.
Cet écrin est également pourvu d’un plateau de résonnance en bois de la forêt du Risoud, situé au cœur de la Vallée de Joux, pour sublimer le son de cette œuvre horlogère. On raconte que ce bois entre dans la composition des plus grands violons, et que seul un arbre sur dix mille offrirait une résonance d’une perfection absolue.
La poursuite de l’innovation
En 2025, la manufacture Breguet poursuit la tradition d’innovation engagée par A.-L. Breguet en 1775. C’est la quatrième composante de la Classique Grande Sonnerie Métiers d’Art 1905, équipée d’un régulateur magnétique, fruit de la R&D Breguet. Le régulateur a pour fonction de lisser, de manière constante, la fréquence d’actionnement des marteaux c’est-à-dire la cadence à laquelle ses notes sont jouées. Elle doit être toujours la même, quel que soit le nombre d’heures, quarts et minutes, et le niveau d’énergie du barillet dédié. La plupart des régulateurs sont mécaniques. Celui de la Classique 1905 est magnétique, et particulièrement ingénieux. Sous de nombreux aspects, ce dispositif ressemble à un générateur électrique.
Confectionnés en métal, les bras rotatifs sont placés entre des réseaux d’aimants fixés de part et d’autre du régulateur. En tournant dans cet environnement magnétique, des boucles de courant sont induites à l’intérieur des bras conducteurs. C’est le principe des courants de Foucault découvert en 1851, contemporain d’Antoine-Louis Breguet et de Louis-Clément Breguet. Au fur et à mesure de sa formation, ce courant s’oppose au champ magnétique des aimants. Ces boucles de courants induisent à leur tour un champ magnétique qui s’oppose au champ magnétique des aimants, créant ainsi un frein électromagnétique.
En conséquence, plus la rotation est rapide, plus la résistance est grande. Inversement, plus la rotation est lente, plus l’opposition est faible. Il en résulte un dispositif assurant une rotation qui tend à être constante.
En effet, la force centrifuge déplace vers l’extérieur les bras conducteurs du régulateur en les plaçant sous les aimants, ce qui tend à freiner le mouvement en rotation. À une vitesse plus réduite, des ressorts ramènent les bras vers l’intérieur, afin de réduire l’intensité du frein électromagnétique.
C’est de surcroît un système totalement silencieux et sans contacts. Il respecte ainsi les trois modes de sonnerie de la Classique 1905 (Grande / Petite Sonnerie et Répétition Minutes, cette dernière pouvant être activée à la demande même lorsque la montre est en position Silence).